lundi 9 avril 2007

Good fish, bad fish

Hier, c'était le dimanche de Pâques, soleil magnifique et des fleurs de toutes les couleurs plein Regents Park. Mon chum et moi conversons profondément quand tout à coup, on se rend compte qu'on a faim. On s'invite au restaurant. On marche sans but précis et on passe devant un pub restauré au goût du jour, belles couleurs, clientèle cool, alléchant: on entre. Après plusieurs années dans cette grande capitale, on sait par expérience que la bouffe de pub, y'a de quoi se méfier. Mais les temps changent et les pubs se renouvellent en gastropubs aux menus plus soignés et aux prix plus élevés! On a peut-être une chance de s'en tirer. Assis à une petite table ronde sur des chaises de salon recouvertes de velours à rayures mauve et rose très trendy, on attend nos traditionnels 'fish and chips' en sirotant un verre de vin (sans commentaire) et une bière, et on évalue nos chances de manger une assiette potable, tout en parlant d'autre chose. Vaut mieux rester silencieux sur le sujet pour pas casser le party. Deux blondes au fond de teint presqu'invisible à la table à côté se font servir leur lunch. L'une a commandé un autre classique du pub: 'toad in the hole' ou saucisses et pommes de terre pilées (pommes purées si jamais un français arrive à ma page) servis dans une barquette carrée faite de Yorkshire pudding. On se retient pour pas pouffer: trois grosses saucisses trônent sur une montagne de purée déposée royalement dans une énorme boîte de pâte cuite carrée. L'ensemble est grotesque et monstrueux, mais qui sait, ce sera peut-être bon... C'est notre tour, voici notre poisson qui flotte sur une mer de frites, accompagné d'un ilôt de salade au nord de l'assiette. Agréable surprise, les frites sont préparées avec de vraies pommes de terre et sont bien meilleures que les bâtonnets farineux invariablement servis tout partout sur la planète. Les feuilles de laitues sont fraîches et croquantes et la vinaigrette légère et savoureuse. Tout va bien. Couteaux en main, on s'attaque à la pièce de résistance, le poisson, qui semble vêtu d'un scaphandre tellement le chef a été généreux avec l'appareil à frire. On plonge. Les frites rendent l'harponnage difficile, mais on parvient à nos fins. Il y a bien autant d'appareil que de poisson. La chair est tendre, mais le malheur, c'est que ça ne goûte rien! L'appareil n'a absolument aucun assaisonnement, même pas de sel, et le poisson non plus, n'ont rien mis dessus. C'est plate et long, un grand filet de poisson avec un lourd manteau de friture, sans goût. Comme on était pas le premier avril, on s'est pas laissé prendre. Non mon poisson, tu casseras pas le party. Le nom du pub? Je ne m'en rappelle pas...

3 commentaires:

Pierre a dit...

Il me semble que ce n'est pas la premiere fois que vous vous faites prendre dans un pub. Ca me rappelle une experience similaire a Paris lors de mon demenagement avec Lola, un dimanche on s'est tous arrete dans un zinc dans le 10ieme arrondissement (on avait soif et faim...), alors au menu, riz qui goutait le 'Vicks', steak epais et au meme gout que du carton, et comme dessert... il restait 3 creme caramel dans le 'display' refrigere, on a pris une chance qui n'en etait pas une.
La morale, tu me diras si j'ai raison, c'est que quand on a faim, c'est comme un mal de dent, on va chez un specialiste.
P.

MarcT a dit...

Quelle bonne idée d'autant plus que cela me permets de m'initier à bloguer.
Sympathique et pathétique cette soirée pubéenne. Ok la bouffe était sans goût donc criminel.
Mais l'avez vous accompagné d'un vin ou d'une bière qui aurait mérité un commentaire.
D'un nouveau lecteur qui sera assidu.

gare aux goûts a dit...

Marct,
Le vin que j'ai bu était du niveau du poisson, alors passons. Mais, ce que j'ai bu ensuite pour me consoler, je le raconte dans Fruli in Fruhling.... Comme dessert, ce fut délicieux!